"Known as the shelter" Musée d'Ixelles


Installation de 42 pièces d'acier laqué blanc (dimension totale 150 x 100 cm) 

"... Le motif de l'abri est sans doute ce qui tisse un lien entre les deux volets de cette dialectique par laquelle la représentation du paysage se reconfigure, à partir des années 1960, entre une fusion romantique à la nature et le constat des changements apportés par l'homme à son environnement. Nombre d'artistes contemporains, tels que l'Allemand Nils-Udo, l'Anglais Chris Drury ou encore l'Italien Mario Merz, ont consacré des travaux à cet objet singulier que constitue l'abri. A leur manière, le philosophe Ludwig Wittgenstein qui se retira dans une cabane de montagne en Norvège (à Skojollden) et l'architecte Le Corbusier qui vécut ses derniers jours dans un abri au bord de l'eau (à Roquebrunne) témoignent, par leur biographie, du fait que la cabane est un objet de pensée, de vie et donc de représentation.

Cet objet condense des significations multiples qui vont du mythe de l'origine de la civilisation à la célébration panthéiste de la nature. L'abri évoque l'état premier de l'homme et les structures temporaires que ce dernier place dans son environnement naturel. En cela la cabane est un lieu archétypal. Elle ravive le souvenir d'une occupation primitive du paysage. On ne s'étonne donc pas qu'elle soit un objet spéculatif dans le champ artistique. Jean Marie Mahieu lui dédie la série "Umbracolo" qu'il poursuit depuis 2010 pour montrer les changements spontanés qui métamorphosent l'apparence visuelle d'un abri situé au pied d'un terril. Dans "Known as the shelter" (2012) de Godelieve Vandamme, une cabane, toujours la même mais saisie de divers angles, est ramenée à une forme stylisée, plate, découpée dans du métal, pour constituer le vocabulaire de base d'une écriture visuelle faisant écho à celle que Dotremont élabore en survolant les plaines enneigées de Laponie. ..."

Denis Laoureux, in  "Paysage de Belgique", Musée d'Ixelles, juin 2015, Catalogue de l'exposition, p.52

 

 

 

 

 


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